Acteurs d’un projet

DEFINITIONS

Ensemble des personnes ou institutions impliquées dans la mise en œuvre d’un projet.

Qui sont les acteurs concernés par un projet local ?

  • Les promoteurs locaux du projet
  • Les femmes et leurs groupements
  • Les anciens, les responsables du village dont le chef de village
  • Les fonctionnaires locaux
  • Les commerçants
  • Les responsables religieux
  • Les élus locaux dont le maire ou le président de la communauté rurale
  • Une ONG locale (ou plusieurs)
  • Une Association de Solidarité Internationale (ASI) étrangère (ou son représentant local)
  • Le(s) bailleur(s) de fonds du projet
  • Les acteurs institutionnels (Union Européenne, structures dépendant des Nations Unies, institutions dites de Bretton Woods (FMI, Banque Mondiale)

QUE DISENT LES ACTEURS DU DEVELOPPEMENT LOCAL ?

« Entre membres de groupement et villageois » (à venir)

« En vase clos, on ne va nulle part »

  • Une animatrice malienne : « Il ne faut pas refuser l’information aux autres associations ; nous luttons pour la même chose ! On collabore avec toutes sortes de personnes-ressources pas forcément liées aux projets de développement : des « maîtres-chasseurs » dans les villages, des agents de l’Etat, des juristes, des opérateurs économiques, des enseignants français retraités, etc. » (Mali)
  • Un responsable d’ONG : « Si on veut faire du développement une course de vitesse ou bien si nous voulons réaliser ce développement seulement « en vase clos », je crois que nous n’irons nulle part. Nous intervenons dans nos localités mais nous sommes en contact avec d’autres acteurs, avec les autres régions du Sénégal. Nous devons nous intéresser aussi à ce qui se passe à travers le monde » (Sénégal)

QUE DISENT LES AGENTS DU DEVELOPPEMENT ?

Point de vue 1 : centré sur les « porteurs de projet » : Connaître les acteurs dans l’environnement du projet :

  • Les forces positives dans l’environnement des porteurs de projets :

  1. les alliés résolus
  2. les favorables potentiels (ceux qu’on peut convaincre)
  3. les différents récupérables (ceux qu’on peut faire changer de camp)
  • Les porteurs de projet :

  1. les producteurs
  2. les entrepreneurs
  3. les organisations techniques, économiques, sociales…
  • Les forces négatives dans l’environnement des porteurs de projets :

  1. les irréductibles
  2. les opposants actifs
  3. les opposants passifs

(Beaudoux Etienne, « Accompagner les ruraux dans leurs projets », L’Harmattan, 2000)

Point de vue 2 : en termes de « groupes stratégiques »

« Chaque individu est au cœur de différents réseaux et clivages. Une seule grille d’analyse ne suffit donc pas à comprendre les stratégies des acteurs. D’autre part, leurs réactions dépendent du problème en jeu. Mieux vaut dés lors raisonner en termes de « groupes stratégiques » c’est-à-dire d’ensembles d’acteurs partageant les mêmes intérêts par rapport à un problème donné ».

(Lavigne Delville, GRET, Coopérer aujourd’hui, Janvier 2000)

QU’ECRIVENT LES AUTEURS D’ETUDE ?

« Les développeurs restent prisonniers d’une vision communautariste des sociétés du Sud (de l’Afrique en particulier) : dans leurs programmes, on ne parle guère que de « groupes », de « développement communautaire « , de « collectifs », de « groupements », de « comités », « d’associations » etc.

(Alain Marie, « La coopération décentralisée et ses paradoxes », Khartala, 2005, p. 29)

Les ONG vivent actuellement un changement de paradigme, au sens où elles sont appelées de plus en plus à développer des partenariats sinon même des complicités, avec les services de l’Etat. Cela conduit ces deux familles d’acteurs à dépasser leurs habitudes de diabolisation réciproque […].

(De Leener et autres, 2005, p. 180)

« [Chaque réponse d’un acteur] combine réalisme, angoisse et rêve […]. Par le réalisme, l’acteur prend en compte les contraintes, les ressources, les atouts et les données de la situation. Par l’angoisse, l’acteur est amené à entrer dans un processus de changements. On constate en effet que l’angoisse favorise l’action, au moins jusqu’à un certain degré d’intensité, au-delà duquel elle peut la paralyser. Par le rêve, l’acteur stimule son imaginaire, sans lequel il n’y a pas d’action sociale. Le rêve favorise l’enchantement, l’utopie et l’action au-delà des contraintes et du principe de réalité. La stratégie adoptée par l’acteur est un dosage de ces trois éléments en fonction de la situation. »

(D. Desjeux, 1991, p. 158)

« Contrairement à l’image mythique de « communautés » soudées, les sociétés locales sont différenciées, constituées d’acteurs hétérogènes, inscrits dans les systèmes d’inégalité et de dépendance, avec statuts sociaux, des moyens économiques, des réseaux différenciés. N’ayant pas les mêmes positions sociales et économiques, il est bien logique que ces différents acteurs n’aient pas les mêmes intérêts, ni les mêmes réactions par rapport à l’offre de service d’un projet. » […]

(Lavigne Delville, « Coopérer aujourd’hui », GRET, Janvier 2000)

Il est intéressant de faire appel à Hannah Arendt, qui a pensé le politique dans son sens moderne. Dans un texte de la condition de l’homme moderne, elle dit que « le sens humain, aujourd’hui dans la modernité, c’est l’action » ; elle y donne deux sens : « agir, c’est avec et devant les autres, il se passe un double phénomène pour le sujet. D’une part, il y gagne un statut d’être vivant : agir, c’est pouvoir commencer, conduire quelque chose et au fond répondre à sa situation de mortel, donc laisser des traces dans une histoire immédiate. D’autre part, cela donne du sens : agir avec les autres procure à l’acteur la signification de ce qu’il est. Hannah Arendt dit très bien que « puisqu’on le fait devant les autres, puisque les autres parlent de notre action, peut-être on peut savoir, à travers l’action, qui on est ».

(Hannah Arendt citée par … )
CAS OU EXPERIENCE

Le point de vue d’un président d’association paysanne

« Prévoir les objectifs et les conditions d’exécution d’un projet sans avoir fait un travail préalable avec les membres qui vont le réaliser, c’est comme faire un pari et donc c’est une sorte de « coup de couteau » au mouvement.Si l’association négocie des réalisations qui vont intéresser et mobiliser les efforts de tous les villageois, comment faire participer d’autres que les membres des groupements à la négociation avec les partenaires?Nous avons préparé la visite du partenaire avec le secrétaire général d’une association amie que l’on connaît bien. Il nous a aussi aidés pour préserver le budget du projet. Lui, il a déjà souvent négocié.Négocier, ce n’est pas l’affaire personnelle du président. Nous avons beaucoup discuté au bureau de l’association, puis c’est le trésorier qui a tout rédigé après la visite du partenaire. Et enfin, tout le conseil a relu et corrigé le projet.Quand on organise des réunions d’information sur le projet, on invite même le sous-préfet pour qu’il soit informé de ce qu’on va faire. Le sous-préfet informe les autorités de la région sur c qui se passe.La relation est très bonne avec les agents qui sont là-bas. Depuis le désengagement de l’Etat, ils n’ont pas assez de moyens pour travailler. Nous, on sait bien qu’ils ont des compétences pour travailler. Nous, on sait bien qu’ils ont des compétences et des capacités. Ce qu’on a fait, c’est de négocier avec eux sur « comment peuvent-ils appuyer les groupements? » On met quelques litres de gasoil à leur disposition pour qu’ils puissent vraiment faire le tour des groupements ».

(Demba KEITA, Secrétaire exécutif de l’APRAN (Association pour la Promotion Rurale de l’Arrondissement de Nyassia, Sénégal)

ANALYSE

Les acteurs autres que les paysans et leurs associations

Structures privées de prestations commerciales (fournitures ou services)

Les firmes privées pour des fournitures d’intrants, de matériel et de prestations de services assurent de plus en plus des fonctions anciennement remplies par les services de l’Etat ou des sociétés de développement. Ces structures privées à statut commercial ne sont pas obligatoirement en opposition aux intérêts des porteurs de projet. La contractualisation des rapports peut permettre de créer un cadre de respect des intérêts réciproques, mais il convient que les responsables paysans soient préparés à cette négociation.

Sociétés à statut d’économie mixte

Il s’agit des sociétés cotonnières pour la commercialisation du coton en Afrique de l’ouest, d’autres ailleurs pour le traitement de l’huile de palme ou la commercialisation du café. Ces sociétés sont aujourd’hui, volontairement leurs relations avec les producteurs et leurs organisations (dans le cadre par exemple d’un contrat plan qui associe la société cotonnière, l’Etat et les organisations de producteur, comme au Mali et au Burkina Faso). Il y a donc pour les acteurs locaux et particulièrement les organisations de producteurs un enjeu important pour leur avenir dans les relations à établir avec ces sociétés qui peuvent être de trois formes : des relations strictement syndicales de défense d’intérêts, des relations commerciales de négociation entre acheteur et client ou des relations de partenariat négocié (pouvant se traduire au mieux par des accords par filière de produits : comme dans l’exemple des contrats cadre dans les filières coton en Afrique de l’Ouest)

Au niveau d’un territoire

Les acteurs en présence au niveau d’un territoire sont : les organisations à vocation professionnelle (par exemple les AV déjà citées en zone cotonnière au Mali), les organisations de la société civile (associations culturelles, cultuelles et de développement) et les collectivités locales qui se mettent en place. Elles doivent définir leurs rapports autour de l’aménagement et la planification locale. On peut assister à l’instauration de rapports de type administratif, ou de type concerté/négocié (avec un document fixant les règles du jeu convenues par chacun). […]

Dans l’organisation des relations avec l’Etat

Au-delà des dispositifs d’organisation des interprofessions dans lesquels l’Etat peut intervenir comme dans le cas cité précédemment de la filière arachide au Sénégal, quelque exemple récent est significatif de nouveaux rapports pouvant se nouer entre les organisations de producteurs et l’Etat.

(Beaudoux Etienne, « Accompagner les ruraux dans leurs projets », L’Harmattan, 2000)

OUTILS

Le schéma des Acteurs

(GRAD, »Voyageur, certes ! Solidaire, vraiment ? », 2009)

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