FILIERES PAR PRODUIT

Agathe chargée de mission C.I. p. 15 (cliquer sur l’image pour l’agrandir)

DEFINITIONS ET USAGES

ACTEURS

Jean Gabriel Séni (Marigots p133 :Nous en…/….ailleurs)

L’on constate que les exploitations familiales ont toujours diversifié leurs productions : c’est ce qui leur a permis d’amortir les effets des aléas climatiques et économiques, d’être moins vulnérables et de se sécuriser. Nos organisations suivent la même logique de sécurisation lorsqu’elles dénoncent les risques d’une trop grande spécialisation ou d’un raisonnement exclusif en termes de filières : elles savent bien que le paysan ne pense pas de cette façon, mais diversifie toujours ses spéculations dans son exploitation, ce qui d’ailleurs n’est pas contraire au développement des filières.

(Mamadou Cissokho,Dieu n’est pas un paysan,Grad,Présence Africaine,2009,p 200).

AGENTS

L’intérêt de l’approche filière est de prendre en compte l’ensemble des opérateurs concernés par un produit : les firmes et commerçants spécialisés dans l’approvisionnement en intrants, les unités de production agricole, les opérateur agissent dans la commercialisation, les transporteurs, les transformateurs et les exportateurs […]

Ainsi l’organisation complète autour d’un produit peut être positive pour les producteurs, mais à la condition qu’ils puissent participer à la définition des règles du «  jeu », que la promotion du produit ne se fasse pas au détriment d’autres activités des producteurs et qu’ils gardent le choix de leurs systèmes de production.

C’est pour les producteurs ruraux d’aujourd’hui un des enjeux des tentatives d’organisation de l’interprofession en vue de trouver leur place «négociée » auprès des autres opérateurs.

(BEAUDOUX Etienne, BRIAND V., Accompagner les ruraux dans leurs projets,L’Harmattan,2000, PP. 28-29)

ANALYSE

CAS

(1 )Les résistances à la filière coton dans les années 1980

Instrument du pouvoir, la vulgarisation avait pris son essor dans le cadre des services étatiques ou des sociétés de mise en valeur s’intéressant à des « filières » de produits d’exportation telles que le coton, l’arachide, le café, le cacao, le palmier à huile, la banane de table, l’ananas etc. Ces produits intéressaient financièrement les États parce qu’il était et reste aisé de prélever des taxes à l’exportation et des marges commerciales importantes. A contrario, les produits de consommation domestique ne pouvaient pas faire l’objet de prélèvements, sauf peut-être le riz qui bénéficiait d’un statut particulier vu son importance dans l’alimentation des grandes villes et la possibilité pour les dirigeants d’en contrôler certains circuits.(p105)

Les productions des filières étaient, dans les années 1960-1980, achetées par des organismes publics.[…] Certains chefs de terre refusaient pourtant obstinément l’introduction de la charrue dans leurs villages. Selon les vulgarisateurs, ils constituaient un frein pour le développement régional.

Ces chefs de terre avaient pourtant quelques bonnes raisons pour s’obstiner et pour contrarier la monopolisation de l’action par la filière coton. Les personnes qui pouvaient acheter les charrues à crédit étaient surtout les notables, et parmi ces notables, les retraités de l’armée qui bénéficiaient de pensions militaires. Lorsque ces notables achetaient des charrues, ils pouvaient pratiquement quintupler la surface de leurs parcelles, ce qui arrangeait bien société cotonnière. Mais cette extension des parcelles, au nom de « l’intensification » de l’agriculture, conduisait à une modification relative du parcellaire au bénéfice des notables les plus riches. La production de la filière coton augmentait, mais la répartition de la terre évoluait. Certains paysans non propriétaires se retrouvaient progressivement dans terre à cultiver. En effet, dès lors que les intérêts financiers prenaient le dessus, les traditionnels modes de relations foncières entre propriétaires et cultivateurs non propriétaires étaient modifiés au détriment des plus pauvres.

La notion de filière n’est pas inutile si elle s’en tient à une logique technique. Il est normal que des spécialistes du coton suivent cette production depuis le moment de la préparation des semences et du semis, jusqu’au moment de la commercialisation et de la transformation des fibres. Ce qui n’est pas normal, c’est qu’au nom de cette filière, on monopolise et on détourne les efforts du monde rural et de ses institutions, sans tenir compte des besoins autres que les besoins monétaires issus de la production cotonnière. (p234/235).

DUPRIEZ Hugues, Ecole aux champs, Terres et vie, 2000.

(2) Les approches développées par la Fenop *dans les années 1990, au Burkina Faso

Dès la première rencontre en 1994, les paysans ont organisé des échanges dans chacune des différentes filières. Cette approche filière a permis de développer une maîtrise technique de la production à travers les échanges paysans, une prise de conscience sur le degré de rentabilité des filières agricoles au niveau paysan, et une capacité de dialogue, négociation et lobbying avec les partenaires commerciaux dans les filières, avec des résultats significatifs pour certaines d’entre elles : coton, riz, élevage, haricot vert.

Cependant, cette approche présente des risques : elle peut aller à l’encontre d’une approche globale de l’exploitation familiale et on risque de fragiliser le choix et les décisions raisonnées de la famille en termes de diversification, de sécurité foncière et alimentaire. En outre, elle peut fragiliser la solidarité entre OP : comment la Fenop peut-elle encourager ces filières à acquérir suffisamment d’autonomie, sans pour autant se désolidariser de la structure centrale ? Une autre difficulté réside dans le risque de récupération de la dynamique paysanne créée et du détournement entier ou partiel de ses véritables objectifs par des partenaires externes.

La Fenop s’est constituée sur la base d’OP existantes dont la majorité avaient une approche géographique. Le territoire est un élément de base de sa représentativité. Il lui a permis d’aborder légitimement et avec beaucoup d’expérience des questions transversales telles que l’exploitation familiale, le crédit, le foncier, etc. et de développer une visibilité auprès des autres acteurs, en particulier l’administration locale. Cette prise en compte du territoire a également favorisé la forte implication des OP de plusieurs provinces et la responsabilisation de nombreux leaders d’OP de base engagés dans les actions menées.

Néanmoins, la grande diversité des membres induit des contradictions internes qui fragilisent l’approche territoriale. Faiblement ancrée sur une filière spécifique, la Fenop a manqué de ressources propres pour le fonctionnement des organes de base.

*Fenop : Fédération Nationale des Organisations Paysannes, Burkina Faso

(GRAIN DE SEL N° 28 – septembre 2004)

Pour télécharger la fiche en format pdf, cliquer ici : Filières par produit

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