MARCHE MONDIAL / LOCAL

Agathe chargée de mission C.I. p. 33 (cliquer sur l’image pour l’agrandir)

DEFINITIONS

Marché : Mode de fixation des prix par confrontation d’une offre et d’une demande séparées (on parle ainsi d’une économie de marché, ou des orientations du marché). (p195)

Economie de marché : Economie dans laquelle le système des prix et la concurrence servent de régulateurs entre offre et demande. (p130) LIEN

(CLERC Denis, « L’économie de A à Z », Alternatives Economiques Poche n° 40, septembre 2009)

Marché mondial : En économie de marché et de libre échange, comme celle que veut étendre et organiser l’OMC, le prix d’un produit s’établit en tenant compte de la demande et de l’offre. Prenons comme exemple le coton : si une année, il y a grève des producteurs de coton au Mali ou que les Etats-Unis subissent une sécheresse :

  • la production disponible pour être vendue sur le marché mondial (l’offre) va diminuer
  • la demande n’ayant pas changé, le prix du coton va augmenter.

Si, au contraire, la quantité de coton produite augmente sans que la demande des consommateurs ne change, le prix du coton va diminuer.

Le « cours mondial » d’un produit est le prix auquel se vend telle quantité d’une matière première agricole ou minière, sur le marché mondial, à un moment donné. Le cours mondial ne dépend pas du coût de la production du produit mais des prix des seules quantités vendues sur le marché mondial, lequel est une petite parie des échanges de produits.

(GRAD, « Histoire du mouvement paysan en Afrique de l’Ouest », CD rom, Fiche Marché mondial)

Divers regards sur le « marché » et le « développement »

Nos maîtres-à-penser nous conseillent, depuis 1984, de libéraliser notre économie et de compter sur nos exportations pour progresser au sein du marché mondial. Qu’est-ce que celui-ci ? Quand nous lisons « marché mondial des produits agricoles « , qu’est-ce que cela recouvre ? Seulement, selon les produits, entre 5 % et 15 % des productions mondiales : 10 % pour les céréales ; 8,2 % pour les viandes ; 6,4 % pour les produits laitiers (moyenne des années 95-98). Une partie importante de ces ventes provient des quelques puissances agricoles mondiales dont les agro-industries et entreprises agricoles intensives sont soutenues par les budgets publics, sans compter les mécanismes de soutien à l’exportation. Et ce marché mondial est géré par quelques multinationales du commerce, de l’agroalimentaire, de la distribution et de la recherche.

L’accès aux marchés mondiaux pose aux paysans deux problèmes :

  • le risque y est très élevé à cause des rapports de force défavorables pour les petits producteurs agricoles ;
  • ils ne peuvent servir d’indicateurs fiables pour mesurer les niveaux de prix adéquats et rémunérateurs pour le paysan. LIEN

(CISSOKHO Mamadou, « Dieu n’est pas un paysan », GRAD, Présence Africaine, 2009, pp. 178/180)

L’un des documents présentés à la Conférence des chefs d’Etats à  Johannesburg en 2002 établissait que l’ensemble des pays industrialisés du Nord accordent régulièrement à leurs agriculteurs une subvention annuelle de plus de 350 milliards de dollars, soit près de 1 milliard de dollars par jour, pour leur permettre de donner le coup de grâce à toutes les économies de subsistance vivant encore de leur propres ressources, et s’assurer que les pays industrialisés puissent non seulement exporter leurs denrées alimentaires ainsi produire partout dans le monde en défiant toute concurrence, mais aussi démontrer aux populations locales que, tout compte fait, le tandem économie-technique reste leur dernière chance de vie dans un monde à la fois moderne et prospère. Il est significatif que ce « dumping » ostentatoire et «légalement » soutenu par la plupart des protagonistes de la mondialisation n’est jamais présenté comme tel, c’est-à-dire comme une opération d’envergure mondiale pour asphyxier tous le pauvres du monde, en particulier les agricultures et les paysans dépendant de leurs économies de subsistance.

(RAHNEMA Majid, ROBERT Jean, « La puissance des pauvres »ActesSud, 2008, p228)

Les subventions à l’agriculture au Nord

Si les agriculteurs européens devaient se contenter du prix mondial pour leurs productions, ils disparaîtraient à un rythme plus accentué encore qu’actuellement. Les subventions qui leur sont accordées ne gênent en rien l’importation des produits tel que le cacao ou le café, qu’on ne saurait produire dans les climats tempérés. Mais il n’en va pas de même des subventions à l’exportation de produits alimentaires, comme le blé ou les produits laitiers, qui viennent, par leurs bas prix concurrencer les produits du Sud.

(François de RAVIGNAN, « La faim, pourquoi ? », La Découverte, Paris, 2009, p.86)

La détérioration des termes de l’échange, combinée à une fuite accrue des capitaux, et l’envol des taux d’intérêt de la dette, se sont traduits par un véritable transfert des ressources de l’Afrique vers les pays riches. Clairement, si les termes de l’échange étaient demeurés stables, les pays africains seraient dans une situation bien meilleure et leur dépendance externe serait moins grande. […]

Afin d’illustrer notre propos, prenons un exemple : en 2002, les subsides à l’exportation accordés par les Etats-Unis aux producteurs de coton ont fait chuter le prix du coton d’environ 25%. D’où une perte sèche d’environ 300 millions de dollars pour les exportateurs africains, Mali, Bénin et Burkina Faso en tête, soit une somme bien supérieure à celle promise par le FMI et la Banque Mondiale (environ 230 millions de dollars) aux pays africains choisis dans le cadre de l’initiative PPTE (Initiative pour les pays pauvres très endettés). (CNUCED, 2003)

(Demba Moussa DEMBELE,ALT,p.253)

Le protectionnisme au Nord

Les Européens ne sont pas moins protectionnistes. La Politique agricole commune (PAC) consomme à peu près la moitié du budget de l’Union européenne de 127 milliards d’euros (les subventions directes aux fermiers. Ce qui veut dire que chaque vache de l’UE reçoit 2.50 dollars par jour, soit plus que ce qu’un milliard de personne, dont de nombreux Africains, ont pour vivre par jour.

A l’ouest on a l’impression que tout est sacré : acier, coton, sucre, riz, blé, maïs, soja, miel, laine, produits laitiers, arachide, pois chiches, lentilles et pourquoi pas mohair. Les subventions ont un double impact. Les fermiers réussissent à vendre leurs produits chez eux à un consommateur captif à un prix supérieur à celui du marché mondial, et ils peuvent se permettre d’écouler à l’étranger à bas prix ce qu’ils ont en excès – donc moins cher que les fermiers qui se débattent contre cette concurrence et dont les maigres moyens d’existence dépendent crucialement du revenu de leurs exportations. Les fermiers africains ne peuvent pas entrer en concurrence avec les millions de tonnes d’exportations subventionnées qui inondent le marché.

Peut-être les tentatives les plus notables des Occidentaux pour rendre plus équitable l’espace commercial sont elles la loi américaine African Growth and Opportunity (AGOA) de 2000, et, du côté de l’Europe, l’initiative Everything But Arms (EBA) de 2001 mais, qu’il s’agisse de l’une ou de l’autre, on ne saurait dire que leur impact ait sensiblement modifié les règles du jeu. Ce qui pourrait expliquer pourquoi la part de l’Afrique dans le commerce mondial reste autour de 1 % (elle s’élevait à 3 % il y a soixante ans) malgré la richesse du continent en matières première. Il semble paradoxal qu’un continent aussi peuplé ne compte que marginalement sur le plan commercial.

(DAMBISA Moyo, « L’aide fatale », J.C. Lattes, 2009, p.184)

Marché et confiance

La confiance joue un rôle essentiel dans une économie de marché. Logique : le niveau de l’activité économique dépend des décisions prises par des millions de consommateurs, investisseurs, dirigeants d’entreprise, etc.. Le ressenti des uns et des autres peut donc influer fortement sur le niveau de l’activité. […]

En résumé, si l’économie fonctionne, c’est que la confiance règne. Ça permet à l’immense majorité des échanges de se faire rapidement, à prix fixe, sans qu’il y ait à négocier longuement. On a là une caractéristique majeure des économies développées, qui les oppose aux sociétés où l’échanger marchand est moins régulier. […]

Le marché n’est donc pas un processus abstrait où une offre et une demande désincarnée se rencontrent ; c’est au contraire une construction sociale dont le bon fonctionnement repose sur la confiance mutuelle entre les parties à l’échange, une confiance qu’il revient à la puissance publique de garantir ou de rétablir quand elle disparaît, en assurant la qualité des biens, la sécurité des transactions et la stabilité du système financier, notamment à travers la Banque centrale.

(FREMEAUX Philippe, MATHIEU Gérard, « petit dictionnaire des mots de la crise », Alternatives Economiques, 2010, pp.32/36)

Marché et démocratie

Rien n’est plus faux et trompeur que de poser une équation entre démocratie et libre marché. Si par démocratie on entend discussion et débat entre des êtres humains égaux afin de choisir librement la société dans laquelle ils désirent vivre, le diktat unilatéral que le « libre » marché impose est antinomique avec une démocratie réelle et partagée. le marché, tel qu’il est défini par les néolibéraux contemporains et selon lequel des « partenaires libres et égaux » agiraient dans un cadre dérégulé, est une pure fiction ; de même l’est la croyance selon laquelle le libre marché et une condition d’existence des autres libertés. En fait, les marchés fonctionnent uniquement parce qu’ils sont régulés par le heurt de volontés opposées et des rapports de force permettant aux plus forts de triompher. La seule question est de savoir par qui et pour qui ce marché est régulé. Aujourd’hui il est contrôlé, de façon obscure et unilatérale par le pouvoir hégémonique de quelques centaines d’oligopoles dont le seul objectif est de défendre leurs propres intérêts à court terme. Ceci est bien éloigné des principes d’égalité, de représentation et de solidarité qui forment le contenu et le sens même de la démocratie.

(Cetim ,DDD ,p.17)

Marché et capitalisme

C’est pourquoi, autant qu’une théorie du marché, le libéralisme économique est une théorie du gouvernement hypotrophié, parcellisé, disloqué, réparti en microsphères locales, avec un secteur public réduit à la peau de chagrin. De manière symptomatique, l’idéologie libérale a non seulement provoqué la remise en question de l’Etat, de ses missions et de ses justifications au profit de la société civile et du droit privé, mais a aussi suscité un discours anti-fonctionnaires.

Les libéraux parlent du marché ou de l’économie de marché pour ne pas avoir à employer les termes de capitalisme ou de logique capitaliste, dont les connotations sont jugées trop marxisantes. Dans cette optique, le marché, historiquement défini comme le lieu du marché (les foires), est progressivement devenu une entité autonome, objective, transcendante, qui impose la loi de l’offre et de la demande.

(DOUERIN Mathieu, « Libéralismes. La route de la servitude volontaire », Les Editions de la Passion, 2002, p.109)

Un commentaire pour MARCHE MONDIAL / LOCAL

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