APPUYER DES INITIATIVES

Agathe agent S.I., p. 22

DEFINITIONS ET USAGES

QUE DISENT DES ACTEURS

Tu tiens beaucoup au GRDR , pourquoi?

Je tiens au GRDR parce que la démarche GRDR me plait .C’est d’avoir penser aux travailleurs migrants qui sont entre les gratte-ciels à Paris et de leur dire qu’il y a possibilité d’entrer en contact avec les Français. Parce qu’en fait il y a des migrants qui vivent en France pendant quarante ans, trente ans qui ne connaissent pas la France. Qui vivent en France sans y vivre! Ça c’est la position qui m’a attiré.

Je suis aussi d’accord avec eux sur les objectifs : agir ici et là-bas, préparer les migrants (moi je suis passé par là), avoir des notions de gestion de projets, des notions techniques et puis les accompagner sur le terrain….

A un moment donné les gens ont dit que le GRDR renvoie les migrants chez eux. Ça c’était archi faux, archi faux!  Et là je m’y oppose d’une manière énergique, le GRDR n’a jamais poussé les immigrés à rentrer . Jamais, jamais! Ils te disent: « oui, si tu désires rentrer, prends tes précautions, fais ceci, fais cela! ».

Cette visite à Montargis, c’est une méthode ?

C’est la méthode la plus féconde et la plus intéressante, d’aller voir ce qui se fait ailleurs. Parce que , comme dit Thiédel mon ami: « ne perds pas ton temps à réfléchir à quelque chose qui a déjà été faite! Pourquoi tu ne prends pas des raccourcis? ». Pour moi, les voyages d’étude, c’est un raccourci pour aller vers l’objectif.Tu vas voir les bêtises, les erreurs qu’ils ont commises, mais tu dois les éviter.

Quand tu organises le voyage d’études, il faut préparer le voyage, voir pourquoi? Qu’est qu’on veut savoir? Comment ils ont fait pour évoluer? Comment ils ont travaillé? Quelles sont les erreurs qu’ils ont commises?

Et puis ce qu’il faut dire que l’échange avec Montrevel en Bresse nous a beaucoup apporté. Ça nous a beaucoup enrichis. En fait, ils  donnent peu  de sous! Mais le fait que souvent, ils nous invitent, on vient avec des jeunes, on vient avec des femmes, on va voir l’exploitation familiale française, on va voir les fermes françaises, on discute avec les gens, on a l’occasion aussi d’aller jusqu’à Paris voir les migrants dans les foyers, voir leurs conditions de vie…et ça a découragé pas mal de jeunes.

(Baganda  SAKHO  ,  président de la communauté rurale de KOAR (Sénégal) , 2010)

QUE DISENT DES AGENTS

« Avant de me lancer comme ONG d’appui aux femmes, j’ai fait une étude diagnostic autour de Thiès. Cette étude a d’abord commencé au marché : j’ai observé ce qui se passait au marché, les relations qui existent, les produits qui sont vendus et les villages qui offrent ces produits. J’ai fait le tour du marché à plusieurs reprises, j’ai essayé de nouer des contacts avec les femmes. C’est comme cela qu’on a démarré, parce qu’il n’y avait pas de femmes qui venaient nous demander de les appuyer et je ne pouvais pas aller dans un village pour dire « je vais créer une ONG ou un groupement de base, je viens travailler avec vous ». Il a fallu créer une relation avec une localité et j’ai donc choisi le lieu du marché où j’ai discuté avec les femmes informellement et c’est petit à petit que les femmes m’ont dit : « Si tu venais pour voir chez nous, si tu venais visiter le village ça nous ferait plaisir ».

C’est comme cela que j’ai pu pénétrer dans les villages. J’ai contacté 7 villages. J’ai essayé de mettre en place dans chaque village un petit comité de concertation et je travaillais avec ces comités. On parlait de tout ce qui se passait au village, les problèmes, comment les femmes vivent, comment les hommes vivent, quelles sont les ressources et les potentialités du village. On a fait le diagnostic ensemble, village par village. Au niveau de chaque village, il y avait un petit comité composé de 7 personnes et c’est avec ces personnes-là que j’ai fait l’étude. Pour celle-ci, à chaque réunion villageoise, on essaie de toucher toutes les couches sociales. On essaie d’identifier les problèmes et les actions possibles. Puis on se lance dans des actions avec ces groupements villageois, tout en sachant que si on doit démarrer quelque chose, on démarre avec nos propres moyens, on démarre entre nous : on ne compte pas sur le gouvernement ou sur les bailleurs. On essaie de voir comment nous pouvons faire pour résoudre tel ou tel problème. C’est comme cela qu’on a travaillé avec ces 7 villages, pendant 4 ans, sans aide extérieure. C’est au bout de ces 4 ans qu’on a essayé de contacter des bailleurs pour renforcer les initiatives que les populations avaient déjà mises en marche.

Le GRAIF n’a jamais prêté sans l’apport des bénéficiaires. Comme le dit le proverbe « aide toi et le ciel t’aidera ». Il n’y a pas de cadeau, ni de don, il faut transpirer. Le gouvernement ne fait pas de cadeaux, les bailleurs de fonds ne font pas de cadeaux, donc il faut qu’on transpire nous-mêmes pour avoir quelque chose et ça fait plaisir de savoir que ça c’est notre propre bébé. Au début, quand on a démarré, les femmes mettaient ensemble des cotisations en nature (du mil, du maïs, du quinquilita etc…) et des prestations de services. Chaque groupement a ainsi mobilisé son capital de départ avec ses propres forces. Elles ont travaillé ensemble. Par exemple des groupements font des travaux, ils sont rémunérés et l’argent est mis dans une caisse qui a permis au départ de mobiliser l’apport. Les groupements sont fiers d’avoir mis en place la boutique grâce aux cotisations en nature et aux prestations de services, et c’est bien géré. Si aujourd’hui une femme du village, qui était là quand on a démarré et qui n’a pas voulu participer au début, veut participer, les femmes vont lui dire : « on va calculer tout ce qu’on a mis depuis tant d’années et si tu as les moyens, tu rembourses tout ça », sinon tu continues à faire cavalier seul.

Quand une nouvelle demande d’appui d’un groupement qu’on ne connaît pas arrive, on l’étudie, on va dans les villages discuter avec les groupements et on explique notre méthode d’approche, nos techniques de travail. Après, on leur demande s’ils sont toujours intéressés pour collaborer avec le GRAIF et on  leur demande leurs adhésions. Le groupement adhère 5000 FCFA (50 FF) et les individus donnent 500 FCFA au groupement (qui verse au GRAIF). Le GRAIF a toujours accepté les demandes de tous les groupements mais si, par exemple, certains groupements sont déjà en contact avec d’autres organisations, on leur dit : « vous êtes déjà appuyés, il ne faut pas mélanger les partenaires, il ne faut pas concentrer tout dans un seul village pendant qu’il y a d’autres villages qui n’ont pas d’appui ». On leur dit qu’on les laisse avec ces gens-là, sinon ça fait des télescopages. Il y a des cas où on dit au groupement qu’on ne peut pas. Par exemple, si le groupement n’est pas organisé, on leur dit qu’il faut qu’ils s’organisent d’abord en groupement, qu’ils fassent une caisse commune, qu’ils travaillent ensemble, qu’ils se concertent pendant deux ou trois années.

Avant d’intervenir dans un village, on étudie ensemble quels sont les problèmes du village et c’est à partir de cette étude qu’on peut établir un plan d’action. Par exemple, pour le programme formation en gestion, cela a été une demande des populations. C’est seulement s’ils ont des problèmes dans la gestion des fonds, dans la gestion des caisses qu’ il faudra trouver une solution donc une formation en gestion. Quelques fois on les pousse à découvrir un peu leurs problèmes mais on ne le dit pas clairement, on essaie d’amener les gens à identifier eux-mêmes leur situation ».

(Joséphine Ndione, Secrétaire Générale du GRAIF (Groupe d’Appui aux Initiatives Féminines, Sénégal , 2001    DPH 464)

QU’ECRIVENT DES AGENTS ?

QU’ECRIVENT DES AUTEURS ?

UNE ANALYSE

UN CAS

UN OUTIL

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