ASSOCIATION DE SOLIDARITE INTERNATIONALE

Agathe Agent S.I., page 12

DEFINITIONS ET USAGES

Organisation dont les membres s’unissent pour informer, aider ou dénoncer une injustice dans les relations entre nations. Cette appellation tend de plus en plus à remplacer le terme d’Organisation Non Gouvernementale (ONG). […] On utilise désormais aussi bien l’expression « Organisation de Solidarité Internationale » (OSI) qu’Association de Solidarité Internationale (ASI).

« Une organisation non gouvernementale ou ONG est une organisation d’intérêt public qui ne relève ni de l’Etat ni d’une institution internationale. »  Le terme « organisation non gouvernementale » n’est pas clairement identifié dans le droit international.
Formulé pour la première fois en 1945 par le Conseil économique et social de l’ONU, le terme d’ONG visait initialement à distinguer les organisations gouvernementales des organisations non gouvernementales, devant être associées aux discussions sur quelques questions internationales. Le terme ONG n’est pas plus existant au niveau du droit national : En général  les ONGs ont le statut d’association.

« On trouve parmi les (ASI dites de développement) toutes sortes d’orientations politiques, religieuses, philosophiques, souvent très contradictoires d’ailleurs, qui ont amené certains de ces groupes à évoluer très loin de leur projet initial, d’autres à des scissions, d’autres enfin à des regroupements ou du moins à des coordinations. On ne saurait tenter une description exhaustive de ces associations, tant elles sont nombreuses et diverses ».
(François de Ravignan, « La faim, pourquoi ? »,La Découverte, 2009)

”Les ONG sont situées ….. / ….. programmes (….)”  ”Pourquoi … / … place” Joseph Séne, paysan, ARAF (Sénégal) 1998

GUENEAU Marie-Christine, LECOMTE Bernard, « Sahel, les paysans dans les marigots de l’aide », L’Harmattan, Paris, 1998 p. 167, 157)

QUE DISENT LES AGENTS

Le président d’une association :  » Il n’est pas simple de tenir nos engagements financiers. D’une année sur l’autre, lorsque nous faisons une manifestation (concert, conférence, etc.), il y a des bénévoles qui ne sont plus là. C’est à chaque fois un challenge de rassembler l’argent alors que notre idée est de mettre à disposition de notre partenaire la même somme chaque année. Il ne faut pas oublier que nous sommes, eux là-bas et nous ici, deux associations fragiles, dépendantes du bénévolat  » (Haute-Savoie).
Fiche 13

Un responsable d’association :  » Nos associations ont trop souvent tendance à croire que leur expérience tire leur originalité d’une quelconque spécificité ou d’une intuition particulière. Aussi plutôt que de prendre conseil, écouter d’autres façons de faire, voire même s’associer, nous réinventons à chaque fois le fil à couper le beurre » (Haute-Savoie).
Fiche 23

Le président d’une association :  » Il faut que nos ONG voient autrement le développement : d’accord il faut aider, mais depuis 40 ans que l’on a commencé à assister les gens, le temps passe et on continue. Il faut privilégier le travail productif. Créer une école, c’est assister. Il faut permettre à nos partenaires de créer eux-mêmes le minimum de revenus dont ils ont besoin pour pouvoir créer cette école » (Haute-Savoie).
Fiche 23

(Fiches du cahier « Aider, c’est pas donné » GRAD / Ritimo)

QU’ECRIVENT LES AUTEURS D’ETUDE

«La seule façon de cadrer juridiquement ce qu’est une ONG est de se référer, dans l’univers latin, au droit associatif : une ONG est une réunion d’individus qui, au-delà des intérêts individuels, se donne un objet social non lucratif ; et dans l’univers anglo-saxon, au système des charities, qui n’est pas légitimé par une base sociale mais par la gestion d’un apport d’argent  au profit, non lucratif d’une cause déterminée. Dans les deux cas, l’encadrement juridique se fera au niveau national  et s’exercera principalement au niveau financier, en général sur une appréciation de la bonne utilisation ou non des fonds confiés. On contrôle donc plus l’utilisation que l’association fait de l’argent que son objet lui-même »

(Françoise Bouchet-Saulnier, « L’humanitaire en turbulence », Editions Autrement p. 163)

Diversifier les ressources de l’ASI responsable …. / …. activités »

(GUENEAU Marie-Christine, LECOMTE Bernard, « Sahel, les paysans dans les marigots de l’aide », L’Harmattan, Paris, 1998 p. 175, 176)

UN CAS

« Vedettes récentes du monde de l’aide au développement, les ONG en sont pourtant de vieilles actrices. Elles sont apparues dans les années 40, fruit des initiatives des Eglises, des syndicats ou de citoyens. Elles ne s’appelaient pas à l’époque des ONG ; l’étiquette  » organisation non gouvernementale  » leur fut attribuée par les institutions des Nations Unies pour les distinguer des partenaires habituels du système d’aide : les administrations, les sociétés parapubliques et les entreprises privées.
En Afrique de l’Ouest, la création des ONG remonte aux années 70. La grande sécheresse de 1973 au Sahel marque un tournant : la situation d’urgence a provoqué un flux d’aides extérieures gérées par des ONG au Nord qui ont suscité l’émergence de  » partenaires  » dont certains deviendront les premières ONG locales. Très nombreuses aujourd’hui, elles sont souvent créées et dirigées par des agents à la retraite de la fonction publique et de jeunes diplômés. Ces ONG sont dites  » d’appui  » parce qu’elles fournissent des conseils et diverses prestations de service ; souvent aussi, elles promeuvent ou exécutent des projets et encadrent des groupements de paysan(ne)s.

Par ailleurs, l’époque étant au désengagement des Etats, dans le contexte des Plans d’Ajustement Structurel, certains laissent croire que les ONG peuvent avantageusement compenser le retrait de l’Etat.

En cette fin des années 90, les ONG du Nord connaissent une situation délicate. D’un côté, le renforcement des organisations paysannes et la montée des ONG du Sud donnent naissance à un doute sur leur propre utilité. De l’autre côté, la crise économique au Nord tend à réduire le volume des ressources affectées à la coopération publique, tandis que les dons privés se dirigent de plus en plus vers les ONG humanitaires et d’aide d’urgence. Et enfin, la liberté relative qu’avaient les ONG financées par des donateurs privés peut se trouver limitée ou, pour le moins, orientée par les bailleurs de fonds publics. Ces nouvelles vedettes du théâtre de l’aide au développement n’ont donc pas obtenu les rôles les plus tranquilles du répertoire. »

(GUENEAU Marie-Christine, LECOMTE Bernard, « Sahel, les paysans dans les marigots de l’aide », L’Harmattan, Paris, 1998 , pages 14, 15, 16, 17.)

L’agronome et géographe , Pierre-Jean ROCA fait l’analyse suivante : 

« Désormais, tout ce qui était mis au passif des Etats ou de l’inter-étatique (mauvais ratio coûts/bénéfices, complexité des circuits d’obtention de l’aide, corruption des élites, visées géo-politiques ambiguës) pouvait être versé à l’actif des ONG (efficacité supposée d’avance, coopération directe, désintéressement apolitique souvent réaffirmé). »

ANALYSE

Pourquoi les ONG enregistrent-elles autant de difficultés en matière d’appui économique ? Fondamentalement le discours économique se heurte non seulement à leurs pratiques sur le terrain mais également, à l’intérieur de leurs propres institutions, à leurs valeurs profondes.
La culture des ONG est dominée par un engagement militant et politique au sens large qui se définit très souvent par opposition à l’entreprise. La base militante des ONG représentée par l’assemblée gnérale et le conseil d’administration, et dans une moindre mesure les salariés, reste allergique aux valeurs de l’entreprise. Certains concepts sont mal supportés : rentabilité, marge bénéficiaire, image de marque pour ne pas dire marketing, plans de carrière, hiérarchie, salaires corrects.
(Gueneau Marie-Christine, « Les ONG et l’économie : l’entreprise méconnue et diabolisée », Kathala, 1998)

« Le fonctionnement institutionnel des ONG se situe lui-même en dehors des lois du marché. Les ONG vivent avec une part importante de bénévoles, d’objecteurs de conscience, de contrats de solidarité et d’autres personnels employés à bon marché. Leur chiffre d’affaire est issu de dons et de subventions et de de la vente de services. Les ONG ne sont pas des producteurs de marges bénéficiaires, leur objectif n’est pas de faire de l’argent mais d’en distribuer. Elles ne fonctionnent pas elles-mêmes comme des entreprises et ne participent pas au jeu du marché »

(DELER J.P., FAURE Y.A., PIVETEAU A., et ROCA P.J. (sous la direction de), « ONG et développement », Karthala, 1998 p. 362/363)

OUTILS

Fiche 27 dans « Aider n’est pas donné » GRAD / Ritimo

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